« Des emplois oui, mais non précaires »
Entretien avec Benoit PETIT
Délégué national « Social-Société »
Délégué régional PACA
Doctorat en droit économique et social
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octobre 2006
Entretien réalisé par Grégory Giavarina
Jacques CHIRAC vient d’annoncer une nouvelle baisse du nombre de demandeurs d'emploi avec passage sous la barre des 9%. Doit-on aujourd'hui se féliciter des ces chiffres ?
Il n'y a vraiment pas de quoi se féliciter ! La baisse statistique des chiffres du chômage est loin d'être le fruit d'une politique de progrès social. Tout d'abord, le gouvernement a procédé à de nombreuses radiations sur les listes de l'ANPE, qui contribue à donner l'apparence d'une amélioration, mais personne n'est dupe, surtout ceux qui sont menacés par la précarité.
Un deuxième facteur explique la baisse du chômage : l'évolution démographique. Les générations du « baby-boom » d'après-guerre sont naturellement amenées à prendre leur retraite, et à libérer de facto des emplois. Or, cette donnée est indépendante de l'action gouvernementale, puisqu'elle est purement mécanique. D'ailleurs, ce second élément explique en partie l'embellie relative sur le chômage des jeunes.
Enfin, un dernier facteur explique la baisse du chômage : l'introduction en France du phénomène des "travailleurs pauvres". Il s'agit de toutes ces personnes qui ont un emploi, le plus souvent en intérim ou en CDD, mais dont la rémunération est trop faible pour permettre de vivre avec un minimum de confort. Le gouvernement a beaucoup misé sur cette nouvelle catégorie de travailleurs pour donner l'illusion d'avoir réglé le problème du chômage : le CNE et le CPE en sont une triste illustration.
Ainsi, pour réduire la "fracture sociale", le gouvernement n'a rien trouvé d'autre que le "mirage social" ! Mais chacun sait bien qu'en dépit d'un chômage à 9%, la précarité s'accroît mois après mois...
Pourtant dans un sondage publié en juillet dans Libération, 62% des Français jugent que le bilan du président de la République est «plutôt négatif» dans le domaine de l'emploi. Comment expliquer ce chiffre alors que ceux du chômage baissent ?
Parce que les Français savent bien que la réalité sociale n'est pas celle que l'on voudrait nous faire croire... les conseillers en communication de nos responsables politiques ont juste oublié que nos compatriotes vivent ces situations en vrai !
Tout d'abord, soyons honnêtes : droite et gauche ont failli sur cet enjeu... c'est un échec collectif ! L'emploi, et plus généralement le 'social', sont des enjeux qui doivent être traités certes sous l'angle quantitatif (baisse réelle des chiffres du chômage), mais aussi et surtout, sous l'angle qualitatif.
Je ne vois pas en quoi sortir du chômage pour entrer dans le travail précaire constitue un progrès social. Les Français l'ont montré pendant la crise du CPE : ils ne veulent pas de ces petits boulots, mal rémunérés et jetables, qui ne donnent aucune perspective d'avenir. Ils n'acceptent pas le discours selon lequel un emploi, même précaire, vaut mieux que le chômage.
Ceux qui, comme CAP 21, croient profondément au développement durable, c'est à dire à la résolution qualitative des problèmes sociaux et environnementaux, savent que notre pays mérite mieux... et surtout, peut faire mieux.
Mais alors que proposez-vous pour sortir du chômage tout en évitant les emplois précaires ?
Du bon sens : si les filières d’emploi d’aujourd’hui sont incapables de garantir la sécurité et la stabilité du travail, alors il faut d’urgence en développer d’autres. C’est tout de même incroyable : le chômage fait des ravages, alors qu’il y a tellement à faire pour préserver l’environnement et l’humanité !
Rendez-vous compte : si l'on mettait le "paquet" sur les énergies renouvelables, nous pourrions créer d'ici 2010, plus de 1.000.000 d'emplois en Europe, et 400.000 en France. Mais ça n'intéresse visiblement pas le gouvernement, qui préfère investir des milliards d'euros dans l'EPR et le projet ITER (quelques milliers d'emplois créés).
Tous les spécialistes sont unanimes : des millions d'emplois peuvent être créés rapidement en développant l'économie sociale, le tissu associatif, l'éco-industrie, la recherche, la coopération internationale, ... ! Il faut plus que de la volonté politique pour y parvenir… il faut surtout un sens de l’éthique économique.
A côté de ces nouvelles filières, il est également indispensable de soutenir la création d'entreprise et les PME : les zones franches, les fonds d'investissement, la simplification des démarches administratives sont des axes incontournables pour y parvenir. Des idées, des créations, des projets… vous pouvez avoir confiance en notre jeunesse, ils en ont pleins… tout ce qu’il leur faut, c’est un peu de protection et de soutien de la part de collectivité… même si cela bouscule les traditions, les manières de faire, ou même les mentalités, il ne faut pas avoir peur d'innover !
Les Français doivent-ils craindre aujourd’hui pour leurs emplois face à une « mondialisation galopante » et des délocalisations massives ?
On ne va pas se mentir : un grand nombre de nos secteurs industriels sont directement menacés par la mondialisation. Ce qui est inquiétant, c’est de constater que l’on ne se préoccupe pas beaucoup des reconversions qu’il faudra assurer. Une fois encore, tant que le politique se placera dans une perspective court-termiste, il sera incapable d’apporter des solutions efficaces à la mondialisation.
Il faut comprendre ce qui se passe précisément. Le système économique mondial est entrain de vivre une nouvelle mutation : les marchés n’ont plus de frontières, les échanges économiques se fondent sur internet, les entreprises s’allègent dans leurs activités,… bref, nous entrons dans une économie immatérielle.
Je recommande à tous la lecture de ‘L’age de l’accès’ dans lequel Jeremy RIFKIN (économiste américain, ancien conseiller de CLINTON et de PRODI) analyse parfaitement cette phase de mutation profonde. Tout est chamboulé : les valeurs du capitalisme, les rapports avec la société, les menaces qui pèsent désormais sur les individus, les codes de conduite,… même les valeurs de la société sont remises en question.
Certains, généralement aux extrêmes, sont convaincus qu’il faut refuser ces mutations… et promouvoir un autre modèle d’économie mondiale (lequel d’ailleurs ?). Quand on pense que Disney s’est même implantée en Chine, on se dit que ça parait quand même un peu compliqué à réaliser !
En revanche, il parait plus simple, et plus efficace, de préparer la société à vivre dans le nouveau siècle… parce que la mondialisation, c’est aussi et surtout la chance des associations, de l’économie sociale et environnementale, ou de tout ceux qui savent innover dans le sens de la qualité de vie.
Comme beaucoup, je vois Monsanto, Areva, ou Mc Donald’s… mais je vois aussi le commerce équitable, les fonds d’investissement éthiques, et les associations… Il faut protéger les individus contre les risques de la mondialisation (ce qui implique un effort de prévoyance), mais il faut également les aider à saisir les opportunités qu’elle offre.
L’heure du bilan de l’action gouvernementale vient à approcher. Peut on dire que les réformes des retraites et de l’assurance maladie soient des avancées importantes pour la France ?
C’est, en effet, le dernier « bruit » qui circule dans les coulisses, paraît-il… mais non, les réformes des retraites et de l’assurance maladie ne sont, hélas, pas à la hauteur de la réputation que le gouvernement voudrait leur construire.
Ils avaient besoin de sous pour colmater les brèches béantes du système, et bien ils ont trouvé les sous… en réduisant les dépenses de l'assurance-maladie (au détriment des mutuelles), et en augmentant la durée de l'effort contributif. Techniquement, c'est imparable...mais ce n’est qu’une petite rallonge de temps.
Mais enfin, comment voulez-vous sortir de l’impasse si l’on ne revient pas sur les raisons qui nous y ont conduit ?!
Pourtant, c’est simple à comprendre : les générations du « babyboom » quittent de plus en plus massivement la vie active, les dépenses de santé sont de plus en plus coûteuses, les demandes de soin s’amplifient et se complexifient avec la dégradation de notre environnement, et tout ça alors que nous aurons beaucoup moins de salariés pour financer le système.
Alors on peut toujours sortir les bonnes vieilles méthodes : retarder les départs à la retraite, augmenter la contribution des patients, injecter de l’argent, transférer les charges sur les mutuelles, etc… c’est sur, ça change de l’inaction, mais c’est quand même un peu court pour parler de vraie réforme.
En tout cas, à CAP 21, nous envisageons les choses différemment : la protection sociale dépend de la manière dont on conçoit la place des individus dans la société.
Quand on est retraité, par exemple, il est toujours possible de contribuer à la solidarité nationale... pourquoi ne pas envisager de financer notre Sécurité sociale avec des contributions assises sur la valeur ajoutée des entreprises et sur la consommation, plutôt que de nous entêter à conserver un système qui repose majoritairement sur des cotisations salariales ?
Quand on est un patient-potentiel, il est parfaitement normal de demander des comptes à celui qui menace notre santé, notamment en finançant les coûts sociaux de son activité… pourquoi ne pas envisager d'appliquer une forme de principe "pollueur-payeur", qui consisterait à faire payer aux entreprises dont les produits aggravent la santé de nos concitoyens (tabac, alcool, industries polluantes, constructeurs automobiles, ...), le coût qu'elles imposent indirectement à notre assurance-maladie ?
Mais encore une fois, cela ne se fera pas dans les cabinets ministériels, avec des mesures uniquement techniques et dénuées de sens sociétal… des Etats Généraux de la Protection sociale sont nécessaires !
La France peut croire en ses capacités ! Les solutions existent, il suffit de vouloir lever les yeux un peu plus loin a l’horizon, et de jeter un coup d’œil a ce qu’ont fait nos voisins… et s’il faut revenir en arrière sur certains principes clairement inadaptés, alors allons-y !
www.cap21.net
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Ces cinq mois sont très importants pour notre pays. Ces femmes et ces hommes, je vais aller les voir, les rencontrer, sinon tous, du moins le plus possible, leur parler à la télévision et à la radio, sur internet, dans la presse écrite, pour les convaincre de ceci : il faut que la France prenne un autre chemin.
Les chercheurs français prouvent qu’ils sont parmi les meilleurs du monde, mais c’est dans les laboratoires américains. Nous les avons formés, et ils les utilisent. Les créateurs d’entreprise qui ont réussi vont s’installer, les uns après les autres, en Belgique. Tout cela, c’est la substance de la France qui s’en va.
Les uns vous disent qu’il faut d’urgence battre la droite pour que ça aille mieux. Les autres qu’il faut à tout prix préserver la France de la gauche.






Jean-Christophe Lagarde a estimé dans son explication de vote que le texte contenait plusieurs avancées comme le rôle de coordonnateur de la prévention donné au maire, cependant, il ne s’agit pour lui que d’« une boîte à outils utile mais ce n’est pas le projet d’architecte » que le groupe UDF attendait. Jean-Christophe Lagarde a expliqué que « la prévention de la délinquance ne saurait se limiter aux domaines de la police et de la justice. La prévention la plus efficace se situe en amont ». Le député estime qu’elle repose sur trois piliers : l’urbanisme – il s’agit de briser les ghettos qui alimentent la délinquance et la violence, l’éducation – notre système scolaire rejette chaque année 100 000 jeunes sans formation ; la façon dont s’exerce la justice – sa crédibilité est, selon lui en jeu : son accessibilité mais aussi la rapidité, la souplesse et l’intelligence dans les sanctions. En l’absence de projet global, le groupe UDF s’est abstenu sur le texte. (06/12/06)
